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Le windsurf procure rapidement des sensations, et chaque étape de l’apprentissage procure du plaisir. Par contre, c’est souvent long et dur une fois qu’on a choppé le virus.

Premier stade : la découverte

Au départ, c’est une activité vraiment zen. On est là, au milieu de l’eau, au soleil, avec une douce brise dans le dos, la vie est belle. On a le temps de réfléchir, pas de montre au poignet, pas de bruit, proche de la nature. Comme le pédalo, sauf que y a pas besoin de pédaler, et que le pédalo, c’est à la portée du premier imbécile venu. Le plaisir de la ballade….

Débuter

Physiquement, le corps s’adapte. Il vous pousse des muscles que l’on ne soupçonnait même pas. Les premières sessions un peu physiques (c’est-à-dire avec du vent) vous laissent courbaturé plusieurs jours. Ensuite, ce n’est plus de la douleur, mais une sensation étrange, de croissance. J’imagine qu’on a le même genre de sensations avec la musculation, mais courir ou pédaler sur place dans une salle à la Courneuve en bouffant des protéines en poudre, ça n’a jamais été mon truc. Le bénéfice, on le ressent aussi dans les autres activités. A titre d’exemple, à la piscine, j’avais du mal à faire 10 longueurs, et il me fallait terminer à la nage petit chien; j’en fais aujourd’hui 30 sans problèmes.

Il y a aussi le plaisir de maîtriser l’engin. Au tout début, uniquement au niveau de la trajectoire : aller d’un point A à un point B et refaire le chemin inverse. Puis on peut enchaîner les manoeuvres. Ce n’est pas le vent qui vous pousse (et vous fait dériver) mais vous qui utilisez le vent. Et plus le vent augmente, plus le plaisir résultant du contrôle est grand. Le mot « windsurf » prend là tout son sens.

Deuxième stade : la glisse

La glisse. Ce n’est pas la sensation la plus immédiate que l’on ressent, à contrario du ski ou du char à voile, par exemple. Mais au bout de quelques heures de navigation, on commence à prendre des risques, mettre les deux pieds derrière le mat, se pencher en arrière et on se retrouve à filer en regardant droit devant sans regarder la voile. C’est ce qui caractérise la sensation de glisse : se mouvoir sans propulsion musculaire et sans complètement comprendre comment ça marche, mais en en profitant pleinement.

Et puis, tes potes, ton mono, les mecs sur les forums te disent que maintenant, il va falloir mettre le harnais. Instrument barbare et dangereux au premier abord, il s’avère au bout de quelques temps un accessoire précieux. Le fait de s’accrocher au harnais, en suspension, permet de moins fatiguer, de tirer de plus long bords et de naviguer plus longtemps avant de souffrir des bras. Quand le vent monte en puissance, il devient rapidement indispensable, car il devient très physique, pour ne pas dire impossible, d’enchaîner la succession de relevage de la voile puis la tenue de celle-ci sur des bords de 200 mètres. Grâce au harnais, la navigation devient enfin confortable.

La glisse, c’est aussi le planning. Le premier planning est en général un accident : on file à la limite du contrôle, quand soudain, la planche devient comme plus raide, on est au dessus de l’eau, d’abord verticalement, puisque la planche s’est décollée de la surface, mais aussi latéralement puisque l’on se penche en arrière pour contenir la puissance de la voile. Le contrôle change : alors qu’il faut de grands mouvements de la voile à bas régime pour faire virer la planche, le contrôle devient très sensible, la pression des pieds devient très importante et on dirige le flotteur en appuyant sur la pointe des pieds ou les talons.

Premier planning

Les vagues : des sensations terribles. On glisse au fil des vagues, en montant, en descendant, et garder son équilibre une fois en mouvement n’est pas très compliqué. Pour les skieurs, on éprouve le même genre de choses qu’en descendant une pente dans la poudreuse ou en se faisant un petit hors piste dans les sapins: une sensation unique, où on se laisse porter tout en maîtrisant la situation.

Troisième stade : la pratique – le funboard

Wissant

Au bout d’un certain temps, on acquiert une certaine aisance, et l’on a appris toute les manoeuvres de base : beachstart, virement de bord, planning. Tomber à l’eau n’est plus une fatalité et notre position est devenue plus esthétique. Bien connaître une manoeuvre fait que l’on craint moins le déséquilibre et donne de la fluidité à nos mouvements. Il ne reste plus qu’à pratiquer et acquérir les piliers du funboard : waterstart, jibe.

Le planning devient une raison de naviguer : on le recherche, on ne sort plus à moins de 12 noeuds, on monte une voile de taille suffisante à décoller la planche de l’eau et on cherche un planning au démarrage le plus précoce possible. Tout est bon : grosse voile, pumping, harnais et appuis légers.

Vous voulez voir à quoi ça ressemble ?

Note : le style.

Petit paragraphe spécial pour le style. Bon, voilà, y a les photos publicitaires de types torse nu ou en lycra, musclés de partout. Puis, il y a nous. Combi intégrale, cagoule ou bonnet l’hiver, harnais ceinture qui nous fait un bide kronembourg. Sans compter les innnnnombrables chutes pendant les premières sessions (de préférence devant un groupe de belettes) qui vous font par moment vous demander si vous ne vous êtes pas gouré de sport. Mais ce n’est pas grave, le ridicule ne tue pas et notre bronzage fait des envieux au travail …

Style