[responsive-menu]

J’avoue que la, j’ai du mal a trouver de quoi faire une intro. Organisateur d’énormes évènements de windsurf, souvent aperçu sur Gruissan, l’image qui revient quand on pense a Philippe Bru c’est celle d’un mec au taquet sur un énorme zodiac, en train de lancer une meute de plusieurs centaines de gars sur les manches du Défi. J’ai voulu en savoir plus…

WINDBASE : On te connait tous a travers l’organisation du Défi Wind, mais peux tu nous en dire plus sur tes débuts, ce qui t’a mené vers le windsurf, puis vers l’organisation d’évènements? As tu toi même participé a des compétitions?

PHILIPPE : Je fais du Windsurf depuis l’age de 13 ans … et je viens de faire 46… Mon arrivée au Windsurf est due à un oncle, l’un des premiers à avoir sous les pieds une planche … Découverte du truc et jamais laché! Vivant en Afrique, au bord de l’eau, la suite de ma pratique était donc assez facile. J’ai commencé au Sénégal, ou l’émulation des débuts de la planche était forte. Windsurfer, Dufour, Open, PanAM puis le Funboard… Un peu tout fait donc! J’ai participé à toutes sortes de compets sur ces moments. Pratiquant passionné donc ;-).

Puis je suis rentré en France en 80. Uereps (STAPS) et débauché par le club Pascal Maka – Gruissan. Ma mission progressive : Structurer, promotionner et organiser la planche à Voile à Gruissan. Gruissan Windsurf naissait. Une très belle histoire, une marque. On a fait beaucoup de choses pour et par la planche.
2010. la boucle était bouclée. J’avais fait le tour. Je peux faire du conseil maintenant 😉

WINDBASE : Quel a été l’élément déclencheur pour que tu décides de créer ta propre structure? As tu eu des partenaires dès le lancement? Quelles difficultés a tu rencontrées?

PHILIPPE : D’un commun accord avec la ville de Gruissan et après 20 ans de « service », l’heure était au changement. M’étant plutôt spécialisé dans la production et réalisation d’évènements, c’est donc assez naturellement que la bascule s’est faite. Création de Beach Concepts, agence de marketing évènementielle centrée autour de la plage (Conseils, Prestations, Production). Des partenaires … Il n’y a pas vraiment de difficultés… juste du travail! Consolider un réseau, trouver des marchés, convaincre de nouveaux partenaires, proposer des concepts novateurs, différents. Pas de quoi s’ennuyer mais loin d’être gagné aussi.

WINDBASE : A ce jour, combien d’évènements as tu déjà organisés? Quels sont les événements dont tu seras le « papa » en 2012?

PHILIPPE : … Aucune idée, Plein, des tas. J’ai quelques projets que je trouve bien sympa sous le coude… Non dévoilables car pas finalisés, 2012 restera donc assez simple avec Le Festival De Dakhla (Cross Over), Championnat du monde de SUP Surfing et Longue Disatnce (La Torche), Le Défi …, L’Open de Lyon (Rassemblement Pro Am de SUP); Father & Sons (Ghetary, évènement transgénérationel en surfing) et une course Pro Am à Maurice.

WINDBASE : Ces derniers temps, on parle de plus en plus de gros runs de speed, avec de gros clients, sur des spots de l’Aude. Evidemment, on se demande si une épreuve de speed serait possible sur ces spots… Qu’en penses tu? Le ferais tu?

PHILIPPE : Bin, faut pas qu’en parler… Faut y aller. L’Aude et particulièrement le secteur Gruissan – Port la Nouvelle et Leucate sont hyper propices. Il n’y aura pas de record sur ces plans d’eau mais de sacré bons et beaux runs. Un course de vitesse est assez facile à mettre en place. Oui, je serais assez chaud pour y aller. Nous avons bossé sur pas mal de sites avec Bjorn Dunkerbeck à l’époque ou nous chassions le record.Ya même Le Spot pour … On l’ a testé avec Antoine Albeau aussi. Il manquait un peu d’eau mais l’angle est juste parfait…

Defi El Bur

WINDBASE : A ses débuts, le Défi Wind était une Speed Crossing en pleine mer, faite par et pour les pros. Comment l’épreuve a-t-elle pris la forme du Défi actuel?

PHILIPPE : Né d’un constat assez simple, celui de pouvoir réunir Pro et Amateur et se dire que sur des LD, les outsiders avaient une chance de jouer avec les grands. Volonté aussi de rendre populaire l’accès au speed crossing. Puis comme tous les projets, ça cause et un beau jour, ça dit feu. L’evolution n’est venue que par la demande qui en 10 ans n’a cessé de croitre. Un vrai belle histoire de windsurf.

WINDBASE : Comment se passe l’organisation d’un Défi? Combien de temps avant l’épreuve les préparatifs sont-ils lancés?

PHILIPPE : Compliqué dans la réalisation car c’est devenu un peu plus qu’une course de planche à voile… Avec plus de 10 ans expériences, les choses sont un peu plus simples en amont, les modèles étant créés. Les premiers dossiers s’ouvrent quelques 6 mois avant. Une accélération à moins 4 mois puis c’est crescendo. Le point le plus chaud est le mois précédent. Il faut également compter quasi un mois après pour boucler le bin’s. Hormis les taches ‘org, somme toutes assez classique, le challenge est de trouver les bonnes équipes.
Envoyer 1000 windsurfers sur l’eau n’est pas une chose qui s’improvise. Le risque est affirmé. Coté terre, le niveau technique du défi est haut. Le set up est imposant. L’idée étant de produire un évènement à forte promotion du sport, visuel et avec contenu. Ne durant que 4 jours, tu ne peux pas rattraper les boulettes… d’ou le besoin d’anticiper 99% de ce qui va ou peut se passer.

WINDBASE : Le Défi 2011 a connu une grosse polémique sur le web, au sujet des frais d’inscription. Tu t’es déjà exprimé sur le sujet, mais, avec le recul, et maintenant que cette édition est passée, crois-tu que le prix ai été un frein pour les inscriptions? Au final, et pour ne pas les citer, les raleurs des forums ont-ils fait du mal au niveau de la participation?

PHILIPPE : Mouais. Il est evident qu’à 50 euros, il y aurait eu moins de bin’s et plus de monde mais les réalités d’un évènement comme le Défi ne peuvent pas s’arreter la. Au bilan, nous avons eu quasi 300 nouveaux windsurfers et ça c’est de la balle. Pour le reste et comme tu le dis, me suis déja exprimé. Je pense sincèrement que le prix des inscriptions du Défi actuel est loin d’être abusif, vraiment loin. Après, tu sais, à partir du moment ou tu «  »joues » » avec un millier de personnes, tu rentres dans la tronche des sondages, c’est à dire que tu trouves de tout, des chieurs, des cons, des racistes, des tops, des buenos, des A fond, etc…
Pour finir, le Défi est un évènement difficile à vendre à un sponsor extérieur, surement car trop court, certainement car ne touchant que la tribu et enfin car uniquement Windsurf. J’aurais pu changer tout ça mais c’était perdre l’âme et l’opportunité d’avoir un rassemblement unique.
Pour l’avenir, Le défi sera No limit en nombre de places et les frais d’inscriptions seront de 110 euros. Les raleurs des Forums … A part une paire qui avaient des arguments et des dires interressants, la plupart des autres ont emboité le pas tels de vilains petits canards , sans face et se cachant derriere des pseudos à 2 balles. J’ai causé avec certain d’entre eux; en revanche, pas un n’est venu me voir directement…Des blaireaux. J’en ai pas fini avec certains…

WINDBASE : En 2011 (et 2010, si je ne me trompe pas), la PWA a placé une épreuve de coupe du monde aux mêmes dates que le Défi. Du coup, très peu de pros, et malgré une épreuve déjà très intense, on est pas mal a penser qu’il serait excellent de courir en compagnie des champions. Beaucoup ont révé de voir US1111 au départ de l’édition 2011 … Pourquoi a-t-on l’impression, vu « d’en bas », que la PWA cherche a éviter que les projecteurs se tournent vers le Défi, et que les pros ont globalement une excuse pour ne pas venir?

PHILIPPE : Le jeu des calendriers… Nous discutons regulièrement avec la PWA. Leur idée serait de faire une etape à Gruissan avant, pendant ou aprés le Défi…J’étais un peu chaud cette année pour ça, mais je n’ai pas trouvé les ressources financières. Après, sur que la montée en puissance du Défi ne les a pas fait que rire. Dommage qu’ils n’aient pas compris l’intérêt de la chose, à savoir, une promo géante du sport. Ils avaient tout à gagner. Bref, c’est comme ça et des fois, il ne faut pas lutter plus qu’il ne faut. 2012 devrait être pas mal… A ce jour, pas de dates en doublon! A suivre…

WINDBASE : Est ce qu’un jour, si cela se présente, on verra une manche de Défi lancée par Marin? Sacré bordel en perspective, mais, pourquoi pas? Finalement, aucun risque de partir au large…

PHILIPPE : Je crois pas. On a evalué le truc, on a eu fait des manches avec des pros a la belle epoque de l’AFF. Le Marin içi, c’est du on shore de chez on shore. Si pas de doute sur le large, des doutes sur la capacité de l’ensemble de la flotte à se sortir du bourbier sur les 10 bornes… Et bonjour les dégâts matériels… Coté sécu, des zods dans les vagues, c’est pas non plus le pied… Sachant pour que ce soit rigolo, faut au moins un bon 20 noeuds, je te laisse immaginer le bronx. Mais, bon, on sait jamais 😉

Defi El Bur

WINDBASE : Tes meilleurs souvenirs sur les Défi?

PHILIPPE : Le Défi, tous les Défis.
Chaque fois un Défi d’organisation et une aventure humaine. Un plus sur les années Bjorn qui a réellement mis un coup de projecteur. La venue de Robby même si un peu « blasé » de ne pas avoir vu la voile rose sur le plan d’eau. L’année dernière, c’était super. Malgré un seul jour de vent, une bonne ambiance et une belle prod. Il restera que nous aurons marqué un moment de l’histoire du Windsurf moderne. C’est cool.

WINDBASE : Tes pires souvenirs sur les Défi?

PHILIPPE : Les flaques aux bouées… Une vis de la direction du moteur de mon bateu qui fout le camp à 10mn du départ. Que du bon sinon.

WINDBASE : Récemment une image est sortie sur ta page Facebook, « Défi Ultimate », du 17 au 20 mai 2012. Depuis, aucune information supplémentaire, mais, j’en connais qui ont déjà posé leurs congés pour les dates, cassé leur PEL pour les frais d’inscription (désolé… :p ), repris l’entrainement physique pour repasser sous la barre des 100 kilos, commencé a sacrifier des chèvres pour que le vent souffle… Alors, tu as des infos, ou c’est encore trop tôt?

PHILIPPE : Ya pas eu plus d’infos car on réflechissait sur des trucs… Maintenant on y est. Le Défi restera ce qu’il est, à savoir un rassemblement pour et autour du Windsurf. Plus de limite de participation. Le prix de l’inscription sera de 110 euros, (désolé :p). L’ouverture des inscriptions devrait avoir lieu à la mi janvier (NDW : le 16 exactement selon les infos données par Wind). Un mois avant le jour J, majoration des inscriptions de 100%. Pour ce qui est du contenu, encore un peu tôt. Bref, on ne change pas le format. On se retrouve au même endroit, au même moment et sur une même ligne de départ.

WINDBASE : Pour toi, quel serait l’évènement parfait en windsurf?

PHILIPPE : PWA la semaine avant le Défi + Défi + une epreuve spécifique au jeunes jusqu’à 16 ans.

WINDBASE : Il parait que notre sport favori est en crise. C’est vrai? Quand on voit les containers de matos sur la plage pendant les LD ou simplement pendant les week ends ventés…

PHILIPPE : En crise de quoi? Le marché est sans doute un peu fébrile. Normal. A sortir des nouveaux modèles tous les 6 mois, pas sur que ça marche vraiment. Communiquer sur une image du sport ou on ne voit quasi que des gaziers qui sont capables de faire 4 sauts périlleux en avant et en enchainer 5 en arrière sur des vagues de 15 m, c’est juste pas possible … Ceci dit et en allant vite, le sport s’adresse hélas aujourd’hui à une catégorie plutôt aisée. Compliqué pour les jeunes qui sont tributaires du bon vouloir de déplacement de papa et maman et en plus lorsqu’il y a au moins de quoi décoiffer toute la famille.
Pour les containers de matos sur la plage, jamais bien compris à quoi ça servait… Ah si, aller tout droit. Faut du matos.
Faudrait reprendre à la base… de vraies écoles, de vraies compets, un vrai championnat de France, de vrais sportifs et un marché qui ne pense pas qu’à vendre. L’été, les ecoles sont pleines, so… cherchez l’erreur. Moi, c’est bon, j’ai donné.

WINDBASE : Daklha est un gros évènement, penses tu qu’il puisse prendre une dimension aussi énorme que le Défi? Sera-t-il possible pour des amateurs de venir participer à la longue distance?

PHILIPPE : Dakhla, c’est pas gros, c’est énorme! 😉 J’ai cette ambition de l’ouvrir et rendre accessible au plus grand nombre. Un peu compliqué mais faisable. On est dessus. Le concept: camel bag et GPS obligatoire (faut trouver les bouées…), 2 parcours 50 et 100 km. Une descente sur 40 bornes et une largeur de 15. Nouvelle dimension de la longue distance. Ce sera je l’espere pour 2013. On va commencer à ouvrir dès cette année. Les dates ne sont pas encore fixées.

WINDBASE : Si je te dis « Ouvrir le Défi aux kites?

PHILIPPE : On y a pensé. Pour cette année même. Mais ca marche pas… 100 Kite pour 1000 windsurf? Bof. En mettre 3, pourquoi faire? Après en sécu, c’est pas la même histoire.J’ai été un des précurseurs à combiner les 2 disciplines. C’était à Dakhla il y a 5 ans et depuis on le fait systématiquement. C’est chaud. Je vais le refaire à Maurice.

WINDBASE : El Bur dans 10, 20 ans?

PHILIPPE : Inch’Allah. Mais sans aucun doute a continuer de rider la planete avec mes fils.

 

Defi El Bur