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Un gros niveau sur l’eau, des titres de champion et vice champion du monde dans la poche, touche à tout sur le web et dans la production de vidéos, et tout ça à 15 ans. La recette? Il vous la donne, c’est juste en dessous!

WINDBASE : Qu’est ce qui t’a amené au windsurf? A quel âge as-tu commencé? En combien de temps est tu passé du stade « débutant dérive » à celui de « double front dans un gros Wissant »?

JUSTIN : En fait, le windsurf est venu assez naturellement. Mon père en faisait, il a transmis sa passion à mon frère, puis dès que j’ai eu l’âge ( cad environ 8 ans ) c’est moi qui suis monté sur une planche. Derrière, il y a ma mère, qui nous a toujours soutenu dans tous ce que nous entreprenions à partir du moment où nous le faisions à fond !. Puis ensuite, c’est à force de naviguer, de voyager, et de voir jules chopper des titres sur les compétitions, que je l’ai suivi dans la même passion.

WINDBASE : Chez les Denel, la planche est une passion commune? Ton frère Jules est lui aussi au plus haut niveau, dans quelle mesure cela t’apporte de la motivation, ou te permet de progresser rapidement?

JUSTIN : Jules m’a permis de progresser très rapidement grâce à son expérience et au fait qu’il était dans l’eau dès que les conditions étaient un peu hard, ce qui me rassurait et rassurait beaucoup mes parents. Au niveau technique, il m’a donné pas mal de conseils sur certaines manœuvres, mais également beaucoup d’infos au niveau du Windsurf en général, Cela m’a évité de perdre du temps à rechercher des infos et cela m’a permis d’éviter les erreurs … Mais Jules c’est surtout une grande source de motivation. Quand je le vois envoyer des énormes jumps, des surfs supers radicaux, tout de suite j’ai envie de faire comme lui !

WINDBASE : Champion de France, Champion du monde jeune… 20/20 en maths? Comment conjugues tu efficacement études et windsurf?

JUSTIN : Il faut s’accrocher ! J’ai un an d’avance et ma mère est, dans tous les cas, beaucoup derrière moi pour s’assurer que mes résultats scolaires soient bons. Depuis novembre je suis mes cours par correspondance pour pouvoir m’entraîner plus souvent et surtout quand les conditions le permettent et pouvoir me déplacer plus facilement…C’est un sacré challenge que je me fixe et je vais tout faire pour y arriver…Le bac approche et la multiplication des trips et compétitions aussi, c’est important de « gérer » et de ne pas tout le temps être en train de rattraper des cours…Et puis je veux en profiter un max avant de rentrer dans une école de communication…

WINDBASE : Comment se passent les entrainements? As tu le temps d’avoir une préparation physique solide en plus du temps passé dans l’eau? Es tu satisfait de ta progression? Pourquoi pas participer a des contests de freestyle? Et, la PWA, c’est pour quand?

JUSTIN : Pour m’entraîner en vagues, je vais à l’eau dès qu’il y a des conditions et je me contente de naviguer au feeling, de tester les nouvelles figures que j’ai en tête de vouloir réaliser, et de perfectionner celles que je sais déjà faire. Je ne fais pas vraiment de plans à l’avance pour mon entraînement en vagues, je fais un peu comme je le sens… En slalom, c’est différent, je m’entraîne au CN Wimereux avec mon entraineur Bertrand Joye et les autres jeunes du club. Là il y a un bateau, des bouées..etc. C’est bien plus calculé et précis… Niveau prépa physique, dans le Windsurf c’est moins important que les autres sports car la meilleure prépa, c’est de naviguer tout simplement. Seulement, il arrive qu’il n’y ait pas de vent, ces jours là je fais du SUP, la meilleure prépa physique du monde ! Et si ce n’est pas possible je vais courir ou faire du vélo…Enfin bref j’essaie de tout le temps faire quelque chose ! Pour le freestyle, dans le nord, il n’y a pas vraiment les conditions propices.

Quand il y a du vent en général, il y a des vagues aussi. C’est une discipline qui m’attire quand je vois les freestyleurs naviguer, mais malheureusement, je n’ai pas le temps de m’y consacrer. Et puis, on peut pas tout faire…Tout cela coûte cher pour se déplacer pour les entraînements et les compétions ! En ce qui me concerne j’en fais déjà pas mal et je suis déjà super content des titres que j’ai réussi à obtenir en vagues et slalom à 15 ans ! La PWA ? Pour bientôt … !

WINDBASE : Quelles sont tes ambitions pour 2012 : Nouveaux mooves ? Des compets ? Des trips ? Des films ?

JUSTIN : Un peu de tout à la fois !…Comme d’hab ! Je ne fais pas trop de plans à l’avance mais j’aimerais vraiment conserver mon titre de champion du monde de vagues moins de 17 ans, poser et maîtriser des doubles le plus rapidement possible , monter de plus haut en back et en front, et continuer a me faire plaisir, tout simplement …. en d écouvrant le plus possible de spots dans le monde !… Les films c’est un peu au jour le jour, Partout où je vais j’essaie d’avoir des belles images et pour cela on met en place une organisation familiale, et ensuite je réalise… Mais pour 2012, ce qui me tient vraiment à cœur c’est que je vais lancer officiellement « Lion Production Justin DENEL « et pouvoir faire encore plus de communication et répondre plus officiellement aux sollicitions que je reçois dans le windsurf ou autres…C’est le début pour moi d’une belle aventure qui me passionne aussi !

WINDBASE : En parlant de films, Lion Production, c’est quoi?

JUSTIN : Lion production c’est un label de production que j’ai crée il y a 1 an à peu près pour mettre en avant ce que je faisais dans le windsurf où ce que faisait Jules. Quand j’ai trouvé le logo du Lion sur internet, l’idée m’est venu tout de suite ! Le soir même j’avais déjà crée la première intro pour les futures vidéos et je la montrais fièrement a ma mère. Elle était un peu septique au début mais elle a vite été très motivée a m’a aidé et m’a accompagné dans l’aventure…Prochaine étape…Un statut d’auto entrepreneur.. Ça a donc commencé par des montages photos, des vidéos, d’abord de moi et mon frère, puis au fur et a mesure certaines personnes sont venues me demander si je pouvais leur faire un montage photo ou video… Puis récemment, j’ai relooké mon site web Justindenel.fr, c’est le début d’une nouvelle aire pour Lion Production, celle de la création de sites web… Compte tenu du temps que cela commence à me prendre et des investissements matériels qui en résultent, j’ai décidé de créer vraiment ma petite « entreprise »…Ce n’est que le début je pense d’une belle aventure qui me sert aussi de book pour mes futures études !

WINDBASE : En slalom, le matos est développé par des gros gabarits et pour des gros gabarits. (NDW : J’ai pas dit gros tas, pas taper!). Comment fais-tu pour tirer le meilleur des planches et des voiles dans ces conditions?

JUSTIN : Je ne sais pas si le matos est vraiment mieux pour des gros gabarits que des petits, mais de toute façon chez les jeunes c’est pour tout le monde pareil …Avec mes 1m78 et 68 kgs ça va, j’ai pas à me plaindre ! Et puis chez les jeunes, nous ne sommes pas à la recherche du réglage au millimètre comme chez les adultes mais plutôt du plaisir sur l’eau. C’est plus une question de feeling et d’expérience que de matos.

WINDBASE : Comment se passe le sponsoring pour un jeune en windsurf? C’est la guerre chaque année pour trouver des partenaires?

JUSTIN : Ca a été difficile au début car il y a encore quelques années les marques n’investissaient que dans « l’expérience » et pas dans les jeunes mais j’ai l’impression que pour 2012 ça change un peu et les jeunes recrues dans les teams France et internationaux sont de plus en plus jeunes et de plus en plus nombreux et c’est bien et nécessaire qu’on fasse une place aux nouvelles générations car ce sont elles qui représentent l’avenir ! En cela je remercie RRD qui m’a intégré dans son team international, SIMMER et SOÖRUZ dans leur team national. En fait c’est bien pour un jeune de se sentir soutenu ! Bien sur il y a aussi des contraintes, par mais à côté du plaisir que ça rapporte… Pour ma part, en août 2010, j’ai eu la chance , après avoir essuyé pas mal de refus de sponsors, d’être aidé par Frédérick Vanderstadt propriétaire du shop belge UTOPEAK ( Eh oui il faut aussi parfois ne pas hésiter à s’expatrier !… J ) qui m’a fourni le matos dont j’avais besoin pour la saison 2011 avec les marques qu’il distribuait. J’ai ainsi réalisé une très bonne saison en remportant un titre de Vice Champion du Monde de slalom et cet été j’ai réalisé un rêve, je suis devenu Champion du Monde de vagues au Pérou, tout ça chez les moins de 17 ans. Après c’est sûr que ça aide un peu pour les partenaires mais je pense actuellement que, ce qui est le plus important pour les marques c’est la communication…sous toutes ses formes et aussi celles qu’on a pas encore inventées…Tout ne doit pas être parfait mais l’important c’est qu’on en parle !…

WINDBASE : Ton changement de sponsor planche a fait couler un peu d’encre, pourquoi avoir « quitté » 7th wave qui te suit depuis tes débuts pour passer chez RRD?

JUSTIN : Comme je l’ai dit plus haut, j’étais sponsorisé par le shop UTOPEAK, et non par les marques en direct et tout le monde savait que je recherchais un partenaire performant en vagues et slalom. Ma rencontre avec Guillaume FERRARI au défi Wind a été importante pour mon entrée dans le Team International RRD, ce qui évidemment ne se refuse pas à 15 ans!…et qui valorisait tout le travail que j’avais réalisé et les résultats que j’avais obtenu en 2011. J’ai dans tous les cas passé une très bonne saison 2011 et mon engagement a été important envers tous ceux qui me soutenaient, mais les choses évoluent et il est important aussi de ne pas rater certaines occasions qui peuvent parfois être des tournants…mais là y’a que l’avenir qui nous le dira !…En tous les cas je suis super content et super motivé pour démarrer la saison 2012 en donnant le meilleur de moi-même pour ceux qui me font confiance !

WINDBASE : On dit souvent que le windsurf n’attire pas les jeunes, qu’ils foncent vers le kite. Qu’en penses tu? A ton avis, que faudrait-il faire pour rendre notre sport plus attirant?

JUSTIN : J’en pense que c’est aux marques de réfléchir aux stratégies à adopter pour retenir les jeunes…aux médias sous toutes les formes à faire une place aux jeunes, au club à ne pas s’enfoncer à tout prix dans la planche à dérive qui en démotive plus d’un ! pour donner envie, et permettre aux jeunes de rêver et de se dire que c’est possible …Ce qui est certain, c’est qu’une fois que t’as attrapé le virus du funboard et en particulier celui des vagues, ça ne te quitte plus…Donc c’est avant qu’il faut intervenir, donner envie, et surtout aider… Après évidemment c’est pas aussi simple que ça mais le gros frein c’est évidemment le prix d’un quiver windsurf ne serait ce que dans une discipline…Beaucoup trop cher pour un jeune ( et donc pour ses parents !…) même à 30, 40 ou 50% ! D’autant que ton premier prize money en windsurf et ta première pleine page dans un mag spécialisé, t’es loin de l’obtenir tout de suite !… J et sans communication t’as pas de sponsors …et il est dans tous les cas difficile d’avancer … En fait c’est un sport où rien n’est facile, l’apprentissage, le coût du matos, le déplacement du matos en vacances ou compétitions…De plus beaucoup de clubs brident la pratique du windsurf en ne proposant et n’aidant que la pratique de la 293 ( beaucoup moins fun !…) mais pas de la vague ou du slalom, et là , à mon avis y’a quelque chose à faire pour les marques…de façon à permettre aux jeunes qui le souhaitent ( et il y en a !…) de pouvoir choisir leur support sans être dirigé exclusivement sur le support à dérive,et d’avoir la possibilité de pratiquer plusieurs supports en complémentarité ( moi c’est ce que j’ai eu la chance de pouvoir faire dès le plus jeune âge…y compris la 293).

WINDBASE : Et la question bonus : Est-ce qu’avoir des titres en windsurf ça aide pour draguer les nanas au lycée ou en soirée?

JUSTIN : Haha c’est sûr que ça aide ! Mais ça ne fait pas tout, loin de là ! 😀

La suite sur http://justindenel.fr et http://lionproduction.fr