Se saper
Selon les conditions dans lesquelles vous naviguez habituellement, vous devrez adapter votre habillement en fonction de la température. Il est crucial de naviguer correctement équipé, et mieux vaut avoir un peu trop chaud que trop froid. Il vaut mieux ne pas craindre de chuter pour prendre des risques, s'engager et apprendre, et la température de l'eau peut-être dissuasive si vous êtes insuffisamment couvert. D'autre part, même si la température vous parait clémente, le vent va vous refroidir, et ce n'est pas une fois à 100m du bord, mouillé, grelottant, les forces drainées par le froid, qu'il faudra vous rendre compte que finalement, le slip de bain plus T-shirt, c'était un peu juste pour début juin.
Le corps
Une combinaison en néoprène est une combinaison dite "humide". C'est-à-dire qu'elle ne vous isole pas de l'eau, mais qu'une fois mouillée, elle conserve l'eau réchauffée par votre corps à température. On n'a donc froid ni dans l'eau, ni dehors (puisqu'elle reste humide jusqu'à ce que l'on l'enlève) après l'instant où l'eau pénètre à l'intérieur, notamment par les chevilles, le cou et la fermeture dorsale. Ceci ne dure qu'à peine 2 secondes étant donnée la faible quantité (et donc de masse) d'eau qui pénètre. Un conseil valable pour toutes les types de combinaisons décrites plus bas : choisissez une combinaison bien ajustée pour limiter les entrées d'eau et conserver une pellicule homogène d'eau dans la combinaison. Prenez aussi des combinaisons adaptées au windsurf, qui serrent moins les bras pour éviter la tétanie des avant-bras.

Il existe deux types de matières : le néoprène et le jersey. Le néoprène est lui même décliné en version 'slick' (plus souple mais plus fragile) ou non. En général, les combinaisons en jersey sont des combinaisons de surf. L'avantage du jersey est qu'il est plus confortable que le néoprène. Son inconvénient est qu'il provoque du "freezing".
Le freezing est un phénomène physique qui se passe lors de l'évaporation : l'eau en s'évaporant occasionne sous la surface une consommation d'énergie. On observe ce phénomène par exemple avec les outres en peau remplies d'eau. L'outre n'est pas totalement imperméable. En la laissant au soleil, l'humidité à la surface de la peau s'évapore, et l'eau à l'intérieur se voit refroidir, ce qui fait qu'elle reste fraîche. On constate le même phénomène lorsqu'on se promène avec un tee-shirt mouillé. Enfin, ce phénomène est utilisé dans les hôpitaux en Afrique, en tendant des draps mouillés sur les fenêtres exposées au soleil pour climatiser des pièces.
Le jersey est un tissu qui s'imbibe. Lorsque l'eau s'évapore à la surface de la combinaison, la perte d'énergie refroidit l'intérieur (et le planchiste). La perte de chaleur peut-être sensible, surtout par grand vent, mais certains planchistes ne jurent malgré tout que par le jersey. A chacun de se faire son opinion.
Pour naviguer à partir de 10° en région parisienne de mars à juin et de septembre à novembre, il faut compter une combinaison 5/3 (mm d'épaisseur). Rajoutez aussi en dessous un top en néoprène ou titanium, genre souris de plongée. On considère que ce type de vêtement rajoute 2mm. On peut aussi utiliser un top en polaire. Le polaire a la propriété de rester isolant, même mouillé et reste humide sans s'imbiber. Évitez en revanche les tops en lycra qui limite l'adhérence du néoprène à la peau et n'apportent rien en terme de chaleur. Moi, je navigue en 4/3 avec une espèce de maillot de bain en néoprène type années 20 qui couvre de mi-cuisse aux épaules. L'avantage est que ça ne plisse pas quand on enfile la combi et que ça protège les parties sensibles au froid (thorax et abdomen). Pour les jours de grand froid, je rajoute en plus un sweat en polaire, le même que je porte au ski, entre la combi et le sous-vêtement. Équipé ainsi, je navigue à partir de 8° atmosphérique pendant environ 2h00. Au bout d'un certain temps, le froid fini toujours par gagner.
Extrémité n°1 : les pieds.
Pensez à couvrir tout ce qui dépasse : les pieds en premier lieu, avec des bottillons montants, pour lesquels il existe aussi différentes épaisseurs. Celui qui m'a vendu les miens m'a dit que l'on pouvait mettre des chaussettes en dessous, que cela tenait plus chaud et qu'il était plus facile de les enlever : c'était un conseil idiot qui m'a fait me geler les pieds jusqu'à ce que l'on me donne le conseil inverse. Évitez au contraire les traditionnels sabots de planche à voile en caoutchouc : ils tiennent très mal au pied (heureusement qu'ils flottent, par contre) et ils ont tendance à se remplir de sable et de choses désagréables.
Petit conseil marque gratuit : les Atan sont certainement les chaussons les plus chauds du marché.
Extrémité n°2 : la tête.
La tête est une zone d'échange thermique importante. En une minute, 75% du volume sanguin total passe par la tête. Ceci est d'autant plus valable en planche à voile que naviguer les cheveux mouillés provoque un freezing important.
Naviguer tête couverte n'évite pas seulement les otites, conjonctivites et autres rhumes, cela permet aussi de conserver sa chaleur à l'ensemble du corps. A température et habillement égal, un windsurfer cagoulé ressentira moins le froid qu'un autre tête nue, et pourra naviguer plus longtemps (et aller travailler le lendemain).
Trois options par ordre d'efficacité et de ridicule :
Avec le look ciné génique : tête nue et barre frontale due au froid si vous tombez à l'eau.
Avec le look collégienne (ou soupe au choux) : Bandeau de néoprène qui prend le front et les oreilles.
Avec le look éboueur (ou new metal) : un bonnet en laine. La laine est réputée pour tenir chaud, même mouillée.
Avec le look préservatif Michelin : tout de noir vêtu, une cagoule néoprène sur la tête. Cela protège à la fois le crâne, le cou et la nuque et empêche en même temps l'eau de pénétrer par l'encolure de la combinaison. C'est l'option que j'ai choisie.
Extrémité n°3 : les mains.
En dessous de 12°C, filer mains nues dans le vent à plus de 20km/h provoque à coup sûr le fléau des cycliste et des fossoyeurs : l'onglée. Il existe plusieurs solutions, sachant qu'aucune n'est complètement satisfaisante. Mieux vaut naviguer mains nues si on le supporte. Sinon, vous pouvez soit opter pour des gants paumes fermées, des mitaines ou des gants paumes ouvertes.
Les gants à paumes fermées :
Avantages : efficaces, utilisés depuis l'âge de pierre, on en trouve partout : certains naviguent avec des gants de plongée, d'autres des gants de vélos, voire des gants mappa (authentique).
Inconvénient : limitent la prise et demandent un surcroît d'énergie pour tenir fermement le wish : résultat, on tétanise rapidement des avant-bras.
Les gants à paumes ouvertes :
Avantages : Permettent une prise directe sur le wish tout en protégeant la main du vent et des embruns.
Inconvénients : Un peu compliqués à enfiler; les doigts sautent par moment ce qui donne l'impression de naviguer avec un poulpe accroché au dos de la main. ...
Voici ceux que je porte, c'est la meilleure option pour moi :

Les mitaines :
Avantage : Permet de bricoler un boute sans les enlever.
Inconvénients : Tiennent moins chaud que les gants normaux et favorisent la tétanie des bras.
Note : Il n'y a pas d'extrémité n°4.
Ensuite, il existe d'autres types de combinaisons selon votre région et la mode de l'année :
Le long john, qui permet de naviguer bras nus pour les malabars qui ont de la chaleur à dissiper au niveau des bras ou ceux qui ont facilement les bras tétanisés. Je rigole, mais ce type de combinaison me parait intéressant, ayant vraiment souffert des bras l'hiver dernier. Il existe aussi des manches qui se rajoutent en accessoires.

Le shorty, quand la température dépasse les 25° (à l'ombre et à l'abri du vent). Il permet de conserver la température du thorax et de l'abdomen même dans l'eau fraîche. Inconvénient : donne un bronzage "Tour de France" au retour des vacances
Le short john, le même mais pour les balèzes. Évite le bronzage "Tour de France" au profit du bronzage "agricole".
Enfin, pour les jours de canicule ventés, le T-shirt en lycra qui offre juste une protection solaire contre le bronzage "écrevisse". Le lycra a avant tout la propriété de sécher rapidement.
A noter que la cagoule en été donne un bronzage "hublot", à éviter, donc.
Dans tous les cas, ne lésinez pas sur votre protection ou attendez qu'il fasse un peu meilleur pour aller barboter.
La sécurité.
Ce n'est parce que c'est dans l'eau que l'on tombe qu'il n'y a jamais d'accident. Les risques sont d'abord le traumatisme lors d'une chute, ensuite, le windsurf étant un sport intense dans des conditions parfois rigoureuses, le malaise qui peut provoquer la perte de connaissance (et la noyade). Vous pouvez investir dans un gilet de flottaison, car il vous maintient la tête hors de l'eau en cas de malaise ou de blessure. De plus, il vous donne un coup de pouce non négligeable au waterstart.
De même si vous allez naviguer dans des conditions un peu velues pour votre niveau (dans les vagues, en mer, ...), n'hésitez pas à porter un casque.
Entretien.
Si vous ne rincez qu'une seule chose après la nave, faites que ce soit votre combi. A moins bien sur que vous soyez un fétichiste, adepte de l'odeur mélangée de néoprène, de sueur rance et d'urine (que celui qui n'a jamais pissé dans sa combi m'envoie le premier jet). Si malgré le rinçage, le problème d'odeur n'est pas résolu, vous pouvez soit la tremper un quart d'heure dans une eau légèrement javellisée, soit la laver à la machine en programme "laine-froid" avec de l'adoucissant (pas de lessive).
Comme le monofilm de nos voiles, le néoprène se dégrade au soleil. Faites sécher votre combi à l'ombre.
Ne la stockez pas pendue à un cintre pour ne pas déformer l'encolure et les épaules.
Ne la stockez pas retournée, des plis vont apparaître sur le néoprène. Ces plis peuvent se transformer en craquelures.
En cas de coupure ou de trous, il est possible de la réparer avec de la colle à basket (vendue en skateshop) ou du joint de polyuréthane (sikaflex de préférence).
Si le néoprène des bras devient rigide, qu'il vous comprime les avant bras et vous cause des crampes, dilatez les manches avec des bouteilles de verre (après avoir bu entre amis le vin qui y était contenu). N'oubliez pas de retirer les bouteilles avant de partir sous peine de vous faire une sale réputation sur le spot.
Last Updated (Saturday, 05 December 2009 20:35)



